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LOS CUERNOS

LA SUERTE DE VARAS Ì  LE TERCIO DE PIQUE


La suerte de VARAS est le moment majeur de la lidia. Elle est le temps fort pendant lequel le toro va ou non se révéler un véritable toro de combat et faire ou non éclat de sa caste originelle. C’est dire si cette suerte est essentielle au déroulement de la lidia et par conséquent, à l’intégrité et de la corrida en général.

Malheureusement, celle-ci est régulièrement dépouillée de son sens par la combinaison de plusieurs facteurs qui tend à la rendre impopulaire à un public versatile de plus en plus large.

A contrario, si cette suerte était donnée selon le canon le plus rigoureux, nous sommes certains qu’elle recevrait auprès du même public, un fervent accueil. Il suffit  de voir et d’entendre dans les corridas concours, où ce canon est généralement correctement suivi, quelle ferveur émane des gradins, lorsque le toro et le piquero se rencontrent énergiquement, voire violemment, mais loyalement par trois fois.

Pour cela, rappelons quelques règles de base :

But de cette suerte :

- découvrir la bravoure et les qualités du toro.
- corriger l’embestida du toro pour préparer la suite de la lidia .
- si possible, transmettre de l’émotion à la découverte de cette terrible rencontre entre l’homme, son cheval et le toro.

Comment doit-elle être conduite ?

- le toro doit être cadré devant le picador par le matador ou son peon, le picador devant offrir le poitrail du cheval au toro et provoquer sa charge (embestida).
- le toro doit être piqué avec la seule longueur de la pyramide d’acier sans provoquer, par l’effort et l’élasticité de la peau, une blessure plus profonde.
- le picador doit présenter la hampe de la pique devant lui et piquer dans le morillo juste avant que le toro ne percute le cheval.
- le picador ne doit pas provoquer de modification à la trajectoire du toro pendant le temps de la rencontre, il ne doit pas obturer la sortie du toro, ni exercer une « carioca », qui aggraverait cette sortie.
-le règlement veut qu’au moins trois rencontres de ce type soient proposées au toro, afin de vérifier sa bravoure, c'est-à-dire son obstination à vouloir corriger le cheval alors que chacune de leurs rencontres le soumet à la douleur.Il est admis que la troisième rencontre peut se réaliser à « regaton », c'est-à-dire avec un simulacre de pique après que le toro se soit élancé à l’encontre de la cavalerie.
Le rôle et le pouvoir du président

 -exiger du matador, patron de sa cuadrilla, le respect des trois rencontres et ne pas lui attribuer de trophée, relevant de sa compétence, si ce canon de la suerte de VARAS n’est pas respecté.
 Au besoin donner au public l’explication de sa décision. A contrario, il doit, si la suerte de Varas est bien conduite, ordonner l’intervention de la musique courte mais d’allegria pour souligner l’application du piquero et le récompenser.

Le rôle et le pouvoir du public

- encourager par ses applaudissements, le picador qui a respecté toutes les conditions de la suerte.  A contrario, le sanctionner à sa sortie.
- sanctionner le président de la corrida qui aura permis, par sa négligence, le déroulement dévoyé du tercio de pique
- sanctionner ce même président s’il accorde un trophée devenu non mérité après un piètre tercio de pique
Que faire devant la faiblesse du toro ?

Le président, le matador et son picador ont beau jeu de faire état de la faiblesse du toro pour justifier un tercio de pique non-conforme.
Il faut toutefois exiger, par toutes manifestations appropriées, au moins deux rencontres du toro et de la cavalerie avec deux petites piques, même si ces rencontres deviennent laborieuses.
Il sera ainsi établi aux yeux de tous et surtout de l’éleveur, l’état de faiblesse de son toro et le matador aura à cœur pour le tercio de muleta de déployer son talent de lidiador pour obtenir du public la reconnaissance de sa volonté d’utiliser toutes les possibilités restantes de son toro.

Il faut être conscient que le comportement du public par sa connaissance de la lidia est la meilleure garantie de son bon déroulement et donc de la suerte de Varas.
Sa réduction progressive à une seule rencontre avec la cavalerie pour, soit une mono pique assassine, soit un picotazo anodin suivant la force du toro, peut conduire un jour à sa suppression.
Il est exagéré et probablement faux de penser que le haut niveau de technicité des matadors leur soit suffisant pour dominer le toro, pendant la seule suerte de muleta justifiant ainsi l’inutilité de la suerte de Varas. Sauf à ce que le toro ait perdu sa combativité originelle et soit devenu un animal quasi domestiqué « programmé » pour devenir le partenaire complaisant d’un ballet seulement artistique dirigé par le matador.
On change de spectacle, on change de public et on change de culture.

Vous avez saisi l’enjeu de cette suerte de Varas pour le devenir de la tauromachie.